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Berengère Dastarac, enseignante à e-artsup, innovatrice de l’année

Au sein d’e-artsup Toulouse, Berengère Dastarac enseigne la narration, les techniques et l’anglais de communication. Professionnelle accomplie, elle est également la fondatrice de Nowave, une sorte d’anti-Netflix dédiée au cinéma d’auteur qui lui a permis de remporter le prix de l’Innovatrice de l’année à l’issue de la 2e édition du Biznext, événement organisé par « La Tribune » dans la ville rose pour récompenser les acteurs de l’économie numérique.

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Berengère Dastarac lors de la cérémonie de remise des prix du Biznext
Crédit photo : Rémi Benoit – La Tribune

En quoi consiste votre enseignement à e-artsup ?
Avec les Bachelors professionnels Game & Creative Coding et Animation & 3D, j’aborde la narration scénaristique. Pour cela, nous comptons répondre à un appel à projets sur un concours dédié au conte « Peau d’âne » et préparons actuellement un scénario pour un court-métrage d’animation. Avec les étudiants du cycle Grande École, la narration occupe également une place importante, mais elle s’oriente cette-fois davantage sur le storytelling dans le domaine de la publicité, une pratique qu’apprécient les marques souhaitant développer un contenu différent pour véhiculer leur image. En ce qui concerne l’enseignement de l’anglais,
C’est un cours auquel j’attache une forte importance car, ayant travaillé de nombreuses années dans le monde de la publicité, en particulier au sein de grandes agences françaises à l’International comme JWT au Caire où j’ai officié en tant que directrice de création, j’estime que la maîtrise de l’anglais est capitale pour les futurs communicants. Du coup, dans le cadre de ce cours, les étudiants réalisent de vrais travaux liés à la publicité, entièrement en anglais.

Comment passe-t-on du monde de la publicité à celui de l’enseignement ?
En réalité, j’ai d’abord fait l’inverse ! En effet, j’ai commencé par un Bachelor en Education, en Angleterre, pour des enfants ayant des soucis d’apprentissage au collège et lycée. J’ai enseigné pendant quatre ans, puis suis passée au secteur de la publicité un peu par hasard. S’en est suivie une carrière de 13 ans dans ce secteur. J’ai ensuite travaillé dans le milieu de la production audiovisuelle de films et séries pendant cinq ans, avant de lancer une start-up en 2015, Nowave, et de revenir en parallèle à l’enseignement, en intégrant l’équipe pédagogique d’e-artsup.

credit_photo_remi_benoit_la-tribune_toulouse_retour_biznext_innovatrice_2016_berengere_dastarac_projet_nowave_plateforme_cinema_auteur_e-artsup_02.jpgNowave a beau être une jeune start-up, elle fait déjà parler d’elle avec le prix Biznext. Pouvez-vous rappeler son principe ?
Il s’agit d’une plateforme de vidéo à la demande (VOD) par abonnement sur le modèle économique de Netflix, mais qui concerne un autre cinéma, c’est-à-dire les films rares, de festivals et d’auteurs. La programmation est donc totalement à l’opposé de Netflix. Contrairement à ce dernier, qui s’intéresse principalement aux blockbusters et aux gros succès en salles, nous mettons à disposition des pépites et des perles, des films que l’on retrouve parfois dans de nombreux festivals, mais qui ont une connu une exploitation en salles plus confidentielle ou pas d’exploitation du tout pour certains. L’autre caractéristique de Nowave réside dans le choix que la plateforme propose. Notre offre est volontairement non pléthorique et se compose via une curation. Ainsi, chaque mois un curateur vient choisir ses films, avec un contenu éditorial autour. Dans l’esprit, cela se rapproche davantage du « Thema » d’Arte que de Netflix. Le but est évidemment de pouvoir guider les spectateurs dans cette abondance de films « pointus », tout en proposant aux ayants-droits et producteurs de ces films une possibilité d’obtenir un retour sur recettes alternatif à l’exploitation en salles, parfois compliquée à mettre en place.

J’imagine que l’idée de Nowave trouve sa source dans votre vécu professionnel.
Oui. Un bon exemple, c’est le dernier film que nous avions produit avec la boîte de production pour laquelle je travaillais. Ce film faisant partie de la compétition officielle de la Mostra de Venise 2012, nous pensions vraiment que cette sélection allait nous permettre de faciliter sa promotion et sa distribution ainsi que celles de nos prochains films à l’International. Or, cela n’a rien changé. Le film a beau avoir été projeté dans près d’une quarantaine de festivals à travers le monde, cette reconnaissance ne l’a pas aidé à trouver des distributeurs pour le faire diffuser de façon plus large. Nowave est né de ce constat qui, du reste, touche également d’autres sociétés de production : sur 70 films sélectionnés dans les quatre à cinq compétitions d’un festival comme celui de Venise, moins de 20 % finiront en salles en Europe. Beaucoup de films de qualité passent donc à l’as, malheureusement, en lieu et place à des films mieux marquetés, mieux vendus, qui restent des mois durant en salles. Voilà pourquoi il me semblait important de permettre à la création de perdurer, de relayer des films de pays à la capacité de production plus fragile, d’exposer des points de vue culturels différents et aussi de mettre en avant les films réalisés par des femmes, sachant que les productrices et réalisatrices sont encore peu nombreuses.

Qu’est-ce que représente pour vous ce prix d’innovatrice de l’année ?
Cette récompense est déjà une très belle surprise ! Comme j’avais en face de moi des personnes travaillant dans la recherche pharmaceutique, en train de mettre en place des traitements contre le cancer généralisé ou la résistance des bactéries aux antibiotiques, je ne m’attendais pas forcément à ce que le jury me choisisse, d’autant que Nowave était la seule entreprise culturelle en lice. Au-delà de la satisfaction personnelle, j’aime voir dans cette décision comme une façon d’encourager l’entrepreneuriat culturel, sachant que la culture est un secteur contribuant bien plus au PIB que l’industrie automobile. Ensuite, pour Nowave, ce prix tombe à point nommé : cela permet de donner une visibilité supplémentaire au projet alors que nous sommes en train de réfléchir à l’éventualité d’une levée de fonds.

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Crédit photo : Rémi Benoit – La Tribune

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  • Catégorie : e-artsup
  • Postée le 22/12/2016
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