Former la nouvelle intelligence
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Le Groupe IONIS

Édito du Président

Marc Sellam est président-directeur général de IONIS Education Group. Diplômé de l'ESME Sudria en 1974, il commence sa carrière dans l'industrie des télécommunications. De 1976 à 1980, il est inspecteur principal à la Direction de l’enseignement supérieur des télécommunications (DEST). En 1980, il crée l'Institut Supérieur Européen de Gestion (ISEG Paris), première école de ce qui deviendra IONIS Education Group, en 2002.

Marc Sellam
Marc Sellam
Président-directeur général de IONIS Education Group

Vous répétez souvent, y compris en ce qui concerne les questions pédagogiques, que la remise en cause permanente est une valeur à laquelle vous êtes très attaché. Pour vous, rien ne serait jamais acquis ?
C’est quelque chose d’inscrit génétiquement dans notre histoire. Si à chaque rentrée nous n’avions pas fait ce choix de tout revoir, de nous interroger, nous n’occuperions pas la place qui est la nôtre aujourd’hui. Nous avons la chance chaque année d’accueillir une nouvelle génération. Et si l’on ne veut pas rater les mutations de notre environnement, il faut les anticiper. Pour ne pas se laisser dépasser, il faut être toujours en mouvement et se demander : « Et demain ? »
Eh bien demain, c’est un jeune qui, lorsqu’il s’inscrit dans une école, veut être acteur de sa formation. Il ne veut plus être isolé dans son école, il aspire à se créer un réseau professionnel, parler anglais, voyager et s’épanouir, créer des liens. Son avenir est en jeu. Il doit apprendre à apprendre autrement, à réfléchir. L’école n’est pas faite que pour emmagasiner un savoir. On n’en sort pas formaté. C’est pourquoi nous devons anticiper en permanence et innover, en imaginant le futur. Je n’accepte jamais l’évidence. Nos liens avec les entreprises qui accueilleront demain nos diplômés sont primordiaux et nous aident dans cette démarche. Ils sont au cœur de nos valeurs ; c'est une volonté encore plus forte aujourd'hui. Nous ne faisons pas cela par plaisir, ni pour suivre l'air du temps de façon irréfléchie. Et nous veillons bien évidemment aux fondamentaux. Dans l’éducation, nous sommes par définition en apprentissage permanent. Comment pourrions-nous enseigner des valeurs sans nous les appliquer à nous-mêmes ?

Comment appréhendez-vous la crise actuelle ?
La situation de crise va incontestablement s’amplifier et nous allons connaître des années difficiles sur le plan économique. Le coût de la vie de l’étudiant, à commencer par son logement, va peser davantage sur le budget des ménages et des parents. Nous ne pouvons donc pas raisonner en ignorant ce paramètre. Aujourd’hui, plus encore qu’hier, on ne choisit pas une école par hasard : les étudiants s’y inscrivent par choix, car ils attendent une formation de qualité, des opportunités professionnelles, une vie étudiante riche, animée et développée. Nous tentons vraiment de limiter la hausse des coûts de scolarité alors qu’ils semblent littéralement s’envoler ailleurs. Oui, nous sommes très attentifs à la gestion et à nos dépenses afin qu’elles n’handicapent pas le coût des études.

Après la régionalisation, doit-on s’attendre à une nouvelle étape de croissance à l’International de vos écoles ?
Nous sommes arrivés à un moment où nous ne pouvons plus reculer. Si nous avons bien une priorité parmi nos développements, c’est l’International. Dans les prochaines années, nous devons réussir notre présence à l’étranger. Pas en termes de partenariats ni d’accords : nous avons déjà plus de 250 partenaires à l’International et en établissons des nouveaux chaque année. Ce que je souhaite surtout, c’est que nous ouvrions plusieurs centres, notamment aux États-Unis et en Asie.
Nous devons proposer des formations IONIS Education Group sur place, à l’étranger. Nous cherchons actuellement des lieux où nous implanter et nous réfléchissons aussi à la reprise d’écoles et d'institutions. Notre mouvement d’internationalisation concerne aussi l’accueil d’étudiants étrangers en France, qui sont de plus en plus nombreux chaque année. En étant sur place, nous gagnerons en visibilité.

Ces dernières années, on assiste à un fort déploiement de vos écoles en régions. Pourquoi ?
Cette volonté est inscrite dans les gènes du Groupe depuis ses débuts. L’ISEG Group a commencé son implantation régionale dès 1986. Nous avons suivi un modèle particulier : être multiple, décentralisé et présent dans plusieurs villes. Puis nous avons souhaité offrir différentes formations, rassemblées au sein d’un même campus, toujours au cœur des villes.
C’est un choix que nous avons fait pour insuffler une dynamique à notre Groupe. Nous pensons qu’il existe une taille « normale » pour une école, avec des promotions de 150 à 200 étudiants maximum, sauf dans certains cas. Le gigantisme n’est pas du tout un objectif pour nous, loin s’en faut. Aujourd’hui, un étudiant de région ne peut pas forcément faire cinq ans d’études à Paris. C’est en quelque sorte une « double peine » pour lui, car son logement lui coûte aussi cher que sa formation, voire plus. Toutefois la mobilité est aujourd’hui naturelle et nécessaire. C’est aussi ce à quoi aspirent les étudiants. Nous voulons qu’ils soient pendant leurs cinq ans d’études confrontés à une triple expérience, à la fois régionale, nationale et internationale. Et les moyens technologiques actuels nous accompagnent dans cette mobilité, physique et intellectuelle.

L’implantation au centre des villes est une priorité pour vous. N’est-elle pas un luxe aujourd’hui ?
Sans doute, mais c’est un choix propre au Groupe, à sa culture. Aller en périphérie des villes présente de nombreux inconvénients pour les étudiants, alors exclus d’une grande partie de la vie. Nous faisons le choix des centres névralgiques des agglomérations, là où il se passe des choses.
Demeurer ou s’implanter au centre-ville a un coût, c’est certain, mais cela a aussi une valeur. C’est un choix que nous assumons et qui possède de nombreux avantages pour l’étudiant, sa famille et également sa qualité de vie. C’est finalement un service. « Des écoles différentes au cœur des villes » pourrait être l'une de nos devises.

Bien que vous soyez un acteur majeur du secteur privé de l’enseignement supérieur, vous envisagez l’Université à la fois comme un modèle et un concurrent...
L’éducation n’est pas un produit comme les autres. Ce que fait l’état, son modèle éducatif, ne doit être ni négligé ni méprisé. Lorsque je vois le développement de la recherche et ce qui nous est imposé, je ne le vis pas comme une contrainte mais au contraire, comme une valeur ajoutée. Nous développons beaucoup ce domaine dans nos écoles, car c’est de la recherche que provient l’innovation et nous souhaitons faire travailler toutes nos écoles en synergie autour de la recherche. Or l’université est en avance sur cette question, ne serait-ce qu’en termes de moyens. Ne pas copier ce modèle serait suicidaire. En formant plus de 23 500 étudiants par an, nous avons des devoirs. Et cela, nous l’acceptons.

Souhaitez-vous étendre votre offre de formations à d’autres secteurs ?
Notre secteur est de plus en plus concurrentiel. Pendant que l’université est devenue un acteur de plus en plus pluridisciplinaire, nous avons, nous aussi, étoffé notre offre de formations, en la diversifiant et en la regroupant au sein de nos campus urbains. Bien sûr, il manque encore bien des choses dans notre Groupe. L’université reste ainsi notre modèle pour sa pluridisciplinarité, car c’est l’avenir. À terme, je souhaiterais que lorsqu’un étudiant intègre l’une de nos écoles, il puisse avoir une deuxième chance et changer d’école s’il s’aperçoit qu’il est fait pour l’informatique alors qu’il est inscrit en commerce, ou inversement. C’est pourquoi nous développons les passerelles entre écoles.

Comment va se développer le Groupe ?
Je le répète souvent : j’aimerais que l’on devienne un groupe global. Je souhaiterais que l’on soit présent dans l’ensemble de la formation, de « 7 à 77 ans » ; que l’on soit un partenaire éducatif tout au long de la vie. Nous faisons partie de ceux qui participent à la constitution de la société de la connaissance ; c’est une chance et un honneur. S’intéresser à un individu seulement pour quelques années sans se soucier de ce qu’il devient est une erreur stratégique et une vision qui n’est pas la nôtre. Notre devoir, notre contrat moral, ne prend pas fin le jour où l'étudiant reçoit son diplôme. C’est pourquoi notre Groupe se positionnera de plus en plus comme un compagnon et un acteur de la formation tout au long de la vie. Et naturellement, le numérique sera au centre de nos écoles.