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Les nouveaux enjeux de la R&D en dermo-cosmétique

Le 10 février au Campus ESME Sudria Montparnasse, Sup’Biotech a organisé une conférence sur l’évolution de la recherche et du développement dans le secteur dermo-cosmétologique. À quoi ressemblera la dermo-cosmétologie dans 10 ans ? Quelles sont les innovations à venir ? Comment s’adapter au durcissement des réglementations ? Comment répondre aux nouvelles attentes des consommateurs en termes de sécurité et d’éco-responsabilité ? Réponses avec des professionnels, des Anciens et des étudiants de l’école.

conference_fevrier_2015_supbiotech_recherche_developpement_dermo_cosmetologie_cosmetique_etudiants_professionnels_02.jpgLa France, leader du marché des cosmétiques
80 % des produits du luxe et de la beauté sont aujourd’hui fabriqués en France. Les entreprises françaises jouent un rôle moteur dans l’innovation et la recherche du secteur. Comme le rappelle Amandine Mahieux, directrice projets R&D de Cosmetic Valley, un produit cosmétique est un mélange destiné à être mis en contact avec une partie superficielle de la peau de l’homme afin de la parfumer, protéger ou en modifier l’aspect. Le marché des cosmétiques représente 70 milliards d’euros en Europe et une projection place la Chine, l’Inde et la Russie dans le top 5 des pays consommateurs en 2020.

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La journaliste Anne Pezet, animatrice de cette conférence

Au sein des grands groupes tels que L’Oréal ou Yves Rocher, des laboratoires travaillent en interne sur les problématiques de sécurité, de botanique, de tests cliniques… Chez Yves Rocher, la recherche se découpe en plusieurs étapes, comme l’explique Virginie Couturaud, directrice du Centre d’Étude et de Recherche en Cosmétologie créé par Yves Rocher : étude de la plante, décryptage des principes actifs, culture, extraction, formulation et assimilation. De nombreux tests sont effectués ensuite pour s’assurer de l’efficacité du produit, de sa non-dangerosité et de sa compatibilité avec la cosméto-éthique.
Au-delà du domaine végétal, un travail de recherche particulier s’effectue sur les molécules telles que les peptides, des assemblages d’acides aminés ayant des fonctions précises, comme le collagène par exemple. C’est l’objet du travail d’Anna-Maria Rovero Papini, professeur-chercheuse de l’Université de Cergy-Pontoise. Les peptides se retrouvent désormais dans de nombreux produits pharmaceutiques, de plus en plus en cosmétique ainsi que dans le corps humain, qui en produit naturellement.

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De gauche à droite : Virginie Couturaud, Amandine Mahieux et Anne-Marie Rovero Papini

S’adapter aux innovations et aux nouvelles règlementations : un secteur en mutation
L’évolution de la production de produits pharmaceutiques a accéléré les synergies entre les secteurs pharmaceutique et cosmétique. Comme le relève Laurent Rios de Greentech, l’un des leaders internationaux de la biotechnologie, de nombreuses plateformes facilitent les transferts de connaissances. Certains principes chimiques sont par exemple déjà utilisés par le monde médical avant d’être repris dans d’autres secteurs.
Ces échanges créent de nouveaux métiers. Les grands groupes comme les PME sont à la recherche de profils mixtes mais pas forcément spécialisés, comme le précise Romain Dionnet du cabinet de recrutement Hays Life Science. Interrogé sur la différence entre un poste au sein d’un grand groupe ou d’une PME, il détaille les avantages parfois méconnus d’une structure réduite : description de poste moins formelle, plus d’autonomie et de responsabilités, apprentissage du « juste à temps » (minimiser les stocks et les en-cours de fabrication)…

conference_fevrier_2015_supbiotech_recherche_developpement_dermo_cosmetologie_cosmetique_etudiants_professionnels_00.jpgAussi, le durcissement des règlementations modifie-t-il en profondeur le secteur. Depuis quelques années, la toxicologie in vitro est par exemple interdite en dermato-cosmétologie, rappelle Thien Nguyen, responsable biotechnologies des laboratoires Pierre Fabre. Les entreprises doivent prouver l’efficacité et la non dangerosité des principes actifs d’un produit. Ces tests sont la plupart du temps réalisés à l’extérieur afin d’en assurer la neutralité.
Le secteur s’adapte également à la tendance de l’open innovation. Les partenariats entre public et privé se multiplient tout comme les passerelles entre les centres de recherche des secteurs pharmaceutique, agroalimentaire et cosmétique. Si les collaborations avec l’industrie existent depuis longtemps, elles évoluent également avec la mise en place de programmes collaboratifs nationaux et européens. Des équipes sont désormais dédiées à la gestion des partenariats, que ce soit dans les PME ou au sein de grands groupes.

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De gauche à droite : Laurent Rios, Romain Dionnet et Thien Nguyen

Intégrer le secteur de la dermo-cosmétique
Également invités à prendre la parole, Clément Babinot et Pierrick Reux (Sup’Biotech promo 2013) présentent leur start-up, Aenydris Biotech et le produit qu’ils développent : une encre de tatouage effaçable grâce à sa crème associée. Cette innovation, qui a demandé de nombreux mois de recherche en laboratoire et des tests de toxicité, est lauréate du concours OSEO et s’appuie sur des partenariats industriels. Edine Ahbich (Sup’Biotech promo 2012), chargé de communication scientifique de L’Oréal, partage ses expériences : stage chez Pherecydes Pharma, assistant directeur relations médicales de L’Oréal (VICHY), chef de produit marketing développement International du groupe L’Occitane. Il rappelle l’importance du réseau, véritable valeur ajoutée aux compétences acquises à Sup’Biotech et l’obligation de savoir s’adapter dans un secteur en pleine évolution.

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De gauche à droite : Pierrick Reux, Clément Babinot et Edine Ahbich

  • Catégorie : ActualitéActualité technologiqueChercheurs
  • Postée le 11/02/2015
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